Publié il y a quelques jours, le projet de révision de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), feuille de route de la France pour lutter contre le changement climatique réaffirme le rôle central du bâtiment dans l'atteinte des objectifs climatiques. Mais les moyens proposés pour y arriver déçoivent les organisations professionnelles, notamment le peu de prise en compte de l'isolation de l'enveloppe.

 
 

Ainsi, la Fédération française du bâtiment (FFB) tout comme l'Association française des industries et des produits de construction (AIMCC) y voient un recul des ambitions notamment en matière de rénovation énergétique d'ampleur "avec un objectif annuel ramené à 250 000 logements contre 700 000 dans la SNBC 2", précise la FFB dans un communiqué de presse. "De plus, elle acte la dégradation de la performance attendue des rénovations après travaux. L’abandon du niveau de performance « BBC rénovation » en moyenne marque le renoncement à la sobriété énergétique, au profit d’une stratégie centrée sur la décarbonation des consommations, sans réduction significative des besoins.", ajoute l'AIMCC.

Un "violent recentrage" qui passe d'autant plus mal qu'"il est justifié par un manque supposé de main d'œuvre. Un argument d'autant plus incompréhensible que le secteur perd des emplois depuis 2022 ! Les entreprises disposent des compétences nécessaires. Les véritables freins tiennent notamment à l'instabilité des aides dont MaPrimeRénov'", déplore la FFB.

Les choix techniques pour réduire les consommations énergétiques sont également sujets à de fortes critiques. L'isolation de l'enveloppe pourtant essentielle lorsqu'il s'agit de performances thermiques n'est pour ainsi dire pas évoquée. Les pompes à chaleur sont en revanche présentées comme le levier principal de décarbonation. "Ce changement de cap, aussi techniquement qu'économiquement incohérent, compromet l'atteinte des objectifs réels", alerte la FFB. D'autant plus que "bien isoler les logements est aussi une urgente nécessité pour les habitants qui font face à des situations croissantes de précarité énergétique. C’est aussi le premier levier pour protéger les bâtiments et leurs occupants des changements climatiques et des chaleurs croissantes en été. C’est enfin un investissement pour baisser durablement les factures énergétiques de nos concitoyens", ajoute l'AIMCC.

Les critiques envers le volet construction neuve ne sont pas en reste. La FFB dénonce en effet "le décalage entre les hypothèses retenues par la SNBV 3 et les besoins structurels du pays. En limitant les volumes à 310 000 logements neufs par an d’ici 2030, la stratégie s’écarte par le bas de l’estimation récente des besoins par le service statistique du ministère du Logement (le SDES), comme des analyses de la profession".

FFB et AIMCC appellent à la révision de son projet.