Dans le détail, sur cette période :
- 747 000 logements sociaux ont été mis en service (mise à disposition d'un ménage demandeur d'un logement social) alors que 220 000 logements étaient vendus ou démolis.
- au 1er janvier 2024, le parc social comprenait 5,13 millions de logements, en croissance de 11,4 % par rapport au 1er janvier 2014.
- le rythme annuel d'augmentation se réduit depuis une décennie, passant de 59 000 nouveaux logements en 2014 à 35 000 en 2023.
- au cours des dix dernières années, la création de logements dits "très sociaux", avec les loyers les plus bas (PLAI) a été "nettement insuffisante au regard de la demande, compte tenu du grand nombre de démolitions" de logements à bas loyers, rappelle l'Ancols. En dix ans, "les logements très sociaux n'ont augmenté que de 4 %", alors qu'ils étaient déjà insuffisants pour répondre à la demande en 2014. "Près de 60 % des ménages demandeurs" avaient déjà cette année-là "des ressources sous les plafonds PLAI" alors que "44 % du parc étaient des logements très sociaux".
Au final, "l'évolution nette du parc social depuis dix ans a accentué l'inadéquation entre l'offre et la demande sur le plan des ressources", critique l'Ancols. La faute à l'État selon l'Union sociale de l'habitat (USH) qui dénonce "la conséquence d'une politique menée par les ministères de l'Économie et du Logement. Ce ne sont pas les bailleurs sociaux qui décident de limiter la production de PLAI qui est contingentée par l'État via les aides à la pierre. Or, ce dernier s'est retiré progressivement du financement du Fonds national des aides à la pierre alors qu'il faudrait des aides et des investissements plus importants pour les bailleurs sociaux."
En revanche, selon l'Ancols, les bailleurs sociaux se sont adaptés aux besoins des personnes seules, qui représentent désormais la moitié des demandes de logement social, et ont construit pour 40 % de petits appartements (T1 et T2).
Source : AFP