Après deux années dans le négatif, l'activité se redresse et repasse dans le vert. Les mesures intégrées dans la loi de finances y sont pour beaucoup selon la FFB. La guerre au Moyen Orient pourrait faire évoluer, encore, la situation.

 
 

Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment, présentait ce mardi 17 mars, les chiffres du bâtiment mis à jour ainsi que ses prévisions pour l'année 2026. La plupart, notamment dans le logement neuf, sont positifs. La production devrait ainsi augmenter de 11,2 % et l'activité de 2,1 %. "Ce redressement se constate d'ores et déjà, dans l'individuel comme dans le collectif", a précisé Olivier Salleron. Ainsi, sur les trois derniers mois, les mises en chantier ont augmenté de 24,5 % et les délivrances de permis de construire de 10,1 %.

Pour la FFB, les raisons de ce retournement de tendances sont inscrites dans la loi de finances : le maintien du PTZ, la mise en place du dispositif Jeanbrun (statut du bailleur privé) tant attendu depuis l'arrêt brutal de la loi Pinel "qui a débloqué de nombreuses opérations stoppées faute de vente", l'abaissement de 400 millions d'euros de la ponction sur les bailleurs sociaux (RLS) et la préservation des enveloppes dédiées à MaPrimeRénov' et MaPrimeAdapt'.

Quelques points d'achoppement encore : "la promotion souffre toujours mais devrait sortir la tête de l'eau lorsque les ménages se seront familiarisés avec le statut de bailleur privé". La reprise reste fragile dans le non résidentiel et particulièrement pour les bureaux dont la construction continue de plonger (-11 %). L'installation des nouvelles équipes municipales suite aux élections pourrait faire avancer les choses.

La rénovation déçoit

Mais la grosse déception vient surtout de l'amélioration entretien qui diminue depuis cinq trimestres. "La FFB prévoit une baisse de 0,5 % en 2026 après -1,1 % en 2025." Le repli est encore plus défavorable pour les travaux de rénovation énergétique : "la courbe s'affaisse, en totale contradiction avec les grands discours autour de la transition énergétique."

La conjoncture internationale et le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient pourraient-ils changer la donne ? Il est évidemment encore un peu tôt pour le savoir mais certains signaux sont déjà là : l'indice des prix de production de certains matériaux comme le cuivre ou l'aluminium s'envole, le prix du gaz a pris 30 % et les investisseurs anticipent une reprise de l'inflation. "Ce conflit montre, encore une fois, que le pays a un besoin urgent de se réindustrialiser", rappelle Olivier Salleron.

La simplification de la REP réjouit la FFB

Les récentes évolutions de la REP vont dans le bon sens pour la FFB, dont plusieurs propositions ont été reprises par le gouvernement : renforcement du maillage territorial en points de collecte, arrêt du financement pour les filières matures et recentrage pour les non matures (dont les laines minérales et les membranes bitumineuses), visibilité de neuf mois sur les barèmes des éco contributions, création d'un fonds pour résorber les dépôts sauvages…