Les annonces récentes par ArcelorMittal de la suppression de 600 postes et de la suspension de ses investissements pour la décarbonation de son haut-fourneau à Dunkerque, suivie de la décision par la Commission européenne de doubler les droits de douane sur les importations d'acier pour sauver la filière face à la concurrence chinoise démontrent à quel point la situation est tendue pour la sidérurgie européenne. C'est dans ce contexte que s'est tenu le 25 novembre dernier le colloque du SCMF qui a réuni notamment fabricants, constructeurs métalliques, fédérations et organisations professionnelles, donneurs d’ordre et architectes.
Dès son ouverture, son président Emmanuel de Laage a rappelé que l'acier en France n'était pas représenté que par les géants du secteur et que la place de tous les acteurs en avant devait aussi être défendue. Et notamment "la construction métallique, qui est un pilier stratégique de notre souveraineté industrielle et territoriale. Dans un monde fragmenté, traversé par des tensions géopolitiques, une concurrence internationale féroce et un impératif de décarbonation majeur, notre filière prend la parole pour assumer notre ambition : faire entendre une voix collective, claire, exigeante et responsable". L'événement est donc aussi l'occasion "de corriger cela. Le SCMF s’engage aujourd’hui avec force pour défendre un modèle industriel structuré et cohérent, pour créer des passerelles entre amont et aval et, enfin, pour bâtir une coalition large, robuste et durable".
Si prêcher cette bonne parole auprès des pouvoirs publics est évidemment un objectif majeur, il ne suffit pas : il faut également "valoriser nos savoir-faire, accompagner la montée en compétences, défendre un environnement économique protecteur mais compétitif et enfin affirmer que la construction métallique est une solution d’avenir : modulable, recyclable, bas carbone." C'est la filière dans son ensemble qu'il faut défendre et qui a été le fil conducteur des échanges du colloque : "Parlons chiffres, formation, attractivité, innovation, perfectionnement, mais aussi protection et Europe. En résumé, tout ce qui conditionne l’avenir de l’acier français… et donc l’avenir de notre industrie."
Chacun espère évidemment avoir été entendu par les pouvoirs publics. Sébastien Martin, ministre délégué en charge de l’industrie a cherché à rassurer, confirmant la place essentielle de la filière construction métallique dans les priorités industrielles nationales.